La migration d’une infrastructure entre centres de données compte parmi les opérations les plus exigeantes dans le domaine de l’infogérance et des infrastructures informatiques. Elle exige un plan précis, une bonne connaissance de l’environnement du client et une coordination étroite avec les fournisseurs de connectivité. Nous expliquons ci-dessous, étape par étape, comment nous avons transféré l’ensemble de l’environnement réseau et serveur de production de notre client tout en assurant la continuité de ses services.
La mission
Un client de longue date, auquel nous fournissons un ensemble de prestations complètes, nous a confié la migration de l’ensemble de son infrastructure réseau et de ses serveurs de production du site géographiquement redondant vers le site principal. Au quotidien, nous lui fournissons notamment les prestations suivantes :
- une assistance informatique complète,
- l’administration de l’infrastructure des serveurs et du réseau, sur site comme dans le cloud,
- la configuration et la maintenance des pare-feu et des concentrateurs VPN.
Grâce à notre connaissance de l’état actuel de l’infrastructure réseau et de son orientation future, nous avons engagé la réalisation de la mission sur cette base.
État des lieux
Nous avons commencé par dresser l’état des lieux du matériel et de sa disposition dans les baies. Nous avons recensé 24 équipements de l’infrastructure de serveurs de production, à savoir des hôtes de virtualisation et des baies de stockage, ainsi que 14 équipements réseau : des commutateurs, des routeurs BGP, un routeur DMZ, des pare-feu et des concentrateurs VPN.
Nous avons ensuite vérifié quels équipements et quelles liaisons devaient être inclus dans la migration. Nous avons aussi effectué une première évaluation de l’espace disponible pour du matériel supplémentaire dans le centre de données cible (DC1). L’étape suivante a consisté à planifier précisément l’emplacement de chaque équipement dans les baies.
Préparation
Au départ, la salle des serveurs de DC1 offrait peu d’espace libre pour du matériel supplémentaire. Après avoir retiré les anciens équipements de plusieurs baies, l’espace disponible ne posait plus de problème. Nous avons alors élaboré un plan de projet couvrant tous les points essentiels :
- l’ordre de migration des services,
- la disposition des équipements dans les baies,
- le raccordement aux prises réseau et électriques, en prévoyant la plus grande séparation physique possible des services au sein d’une même salle ainsi que deux lignes d’alimentation indépendantes.
Nous avons présenté au client le plan, le calendrier, les risques potentiels et toutes les étapes prévues, y compris les tests menés après les travaux avec les fournisseurs de services de télécommunications. Ceux-ci devaient assurer le transfert des liaisons d’accès aux services comme MPLS, BGP, Internet, etc. Nous avons planifié l’ensemble de la migration sur 4 jours et l’avons répartie en 4 étapes.
Configuration
La première étape a consisté à préparer, dans la salle des serveurs, la configuration des nouveaux équipements sur la base du projet établi en amont. Comme cette partie des travaux n’intervenait pas sur l’infrastructure en service, entièrement en production et critique, nous l’avons réalisée pendant les heures de travail habituelles, sans incidence sur le fonctionnement des services.
Migration
La deuxième étape a consisté à migrer les serveurs critiques entre les hôtes de virtualisation, de DC2 vers DC1.
La troisième étape a été le transfert physique du matériel serveur, réalisé avec l’aide d’un transporteur professionnel. Compte tenu de la nature des services fonctionnant sur ces équipements, cette opération a eu lieu un dimanche. Nous avons transféré le matériel des baies de DC2 vers les baies préparées à DC1. Cette étape s’est déroulée sans problème majeur et toutes les tâches ont été réalisées dans les délais prévus.
La quatrième et dernière étape, le transfert des équipements réseau, n’était plus en grande partie qu’une formalité. Nos ingénieurs réseau sont arrivés sur le site dans la matinée, en même temps que les employés de l’opérateur de services de télécommunications. Nous avons démonté le matériel réseau à DC2, l’avons transporté jusqu’à DC1, puis l’y avons installé.
Après le raccordement physique des équipements et la vérification des ports, du fonctionnement des services et des mécanismes de failover, nous avons considéré que l’ensemble du projet était achevé avec succès. Aucun service critique n’a subi la moindre seconde d’interruption imprévue pendant la migration. La seule interruption constatée s’est produite lors du test de l’un des mécanismes de failover. Elle a duré 21 pings et est restée dans le cadre des scénarios de test planifiés et acceptés. Du point de vue des utilisateurs et des services fonctionnant 24 h/24 et 7 j/7, seule une interruption planifiée d’un peu plus de dix secondes a été perceptible.

